Corruption et violence : le football grec dans la tourmente

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La Fédération grecque de football est sous le feu des critiques pour son incapacité à juguler la corruption et la violence qui a infiltré le milieu à tous les étages.

Les faits divers qui ont émaillé le football grec ces dernières années ne manquent pas : un policier grièvement blessé début décembre, un homme de 19 ans tué à Thessalonique en août dernier par des fans du club adverse, un supporter de l’AEK Athènes tué dans un affrontement entre supporters grecs et croates, toujours en août…

Pour endiguer un tel flot de violence, le gouvernent a décidé de faire jouer à huis clos tous les matchs du championnat de foot jusqu’au 12 décembre.

Dans la foulée, le président de la fédération grecque de football Evangelos Marinakis a démissionné. Il a été remplacé par Katia Koxenoglou, vice-présidente de l’Atromios FC. C’est la première femme à occuper ce poste.

Lutte de clan au sein de la fédération

Pour expliquer sa démission, Marinakis a accusé (sans les nommer) certains éléments au sein de la fédération d’entraver la réforme de l’arbitrage qu’il a tenté de mettre en place.

« J’ai essayé de créer un arbitrage professionnel (…) et tout cela avec l’accord de la grande majorité des équipes. Mais il semble aussi que certaines personnes ne veulent pas la changer », a-t-il notamment dit.

Marinakis est-il le chevalier blanc que la Grèce attendait ? Rien n’est moins sûr. C’est un homme d’affaires très puissant, président de l’Olympiacos et ancien conseiller municipal du Pirée. Il s’est retrouvé mêlé à plusieurs affaires : matchs truqués, trafic de drogue et menaces. Des accusations qu’il a toujours niées.

Ce qui ressemble à un règlement de compte au sommet des instances du football cache en réalité un système corrompu, depuis la base jusqu’au sommet.

Un système autocéphale

La fédération grecque fait face à 2 problèmes structurels : l’absence de l’état dans le mécanisme de gouvernance, ainsi que le profil des candidats à l’élection de la présidence.

D’après Georgios Antonopoulos, professeur à l’Université Northumbria de Newcastle, la fédération échappe au contrôle de l’état. Les présidents de plusieurs clubs sont à la lutte pour imposer leur règle.

Le résultat : un système opaque, à la merci de la corruption, où les règlements de comptes sont nombreux. Pour obtenir un traitement de faveur, les petits clubs doivent choisir leur camp.

En Grèce, n’importe qui peut prendre le contrôle d’un club et donc de la fédération. L’état n’a aucun droit de regard, ce qui explique les dérives.

La Fédération, elle, assure qu’il n’en est rien : « Le Président de la Fédération a été élu avec 91 % des voix. Il en va de même pour les membres du Comité exécutif. Une “mafia” majoritaire est inconcevable ». Alors, qui croire ?

Les joueurs comme principales victimes

La corruption qui règne au sommet des instances du football prospère sur deux terreaux : les problèmes financiers des clubs et l’implication de certaines bandes criminelles.

Vassilis Barkoukis, qui a dirigé une étude sur le sujet, déclare : « De nombreuses équipes ont des problèmes financiers et les joueurs savent qu’ils vont être payés grâce aux paris sportifs. Pour eux, c’est une question de survie ».

Si les joueurs sont les principales cibles, les arbitres font aussi face à une énorme pression. Au mois de novembre, le magasin de l’un d’entre eux a été la cible d’une attaque à l’explosif. Cela a entraîné un mouvement de grève à l’échelle nationale.

Dans ce contexte, on comprend aisément pourquoi la réforme voulue par Evangelos Marinakis a échoué. Le système entier est à purger et la manière la plus simple de le faire est de rétablir le contrôle de l’état sur la fédération.

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