Wimbledon 2022 : Le grand bilan de la quinzaine

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Le troisième Grand Chelem de la saison a livré son verdict après deux semaines de compétition intenses. Novak Djokovic et Elena Rybakina ont remporté cette édition des Internationaux de Grande-Bretagne 2022, l’occasion de revenir sur les moments marquants de ce Wimbledon.

♥ On a aimé

LE BON TOURNOI DES JOUEURS FRANÇAIS 

Comme à Roland-Garros, nous avons pu observer de très bonnes choses de la part de nos joueurs tricolores, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, avec des performances notables. Ugo Humbert a éliminé dès le deuxième tour Casper Ruud (N°3) en quatre manches, pour une troisième victoire face au Norvégien en quatre affrontements. Le Messin sortira finalement au tour suivant avec les honneurs face à David Goffin. Beau parcours également pour Hugo Grenier, 26 ans, qui s’arrête au deuxième tour face à Cristian Garin après avoir montré d’énormes ressources lors de son premier tour face à Huesler. Arthur Rinderknech était proche de sortir Denis Shapovalov (N°13), menant deux sets à un face au Canadien, mais il a fini par s’incliner. Enzo Couacaud a subi exactement le même sort face à John Isner (N°20).

Chez les femmes, elles étaient trois en huitièmes de finale: Harmony Tan, Caroline Garcia et Alizé Cornet. Une première en Grand Chelem depuis Roland-Garros 2017 (Mladenovic, Garcia et Cornet à l’époque) et à Wimbledon depuis 2005 (Mauresmo, Pierce et Dechy). Tan a réussi à sortir Serena Williams dès le premier tour sur le Court Central. L’Américaine n’avait certes plus joué depuis l’édition 2021, soit un an d’absence mais l’éliminer, surtout après avoir été breakée dans le troisième et avoir été menée 4-0 dans le super tie-break, rend cet exploit encore plus remarquable. Cornet a elle mis fin à la série d’invincibilité de Swiatek (N°1), longue de 37 matchs, au troisième tour. Garcia a de son côté sorti un tournoi de bonne qualité, éliminant au passage l’idole du peuple Emma Raducanu (N°10) sur le Court Central dès le deuxième tour.

🎾 LA BELLE HISTOIRE DE TATJANA MARIA

Personne ne l’avait vue (re)venir ! A 34 ans, Tatjana Maria n’a plus rien à perdre. Très bonne joueuse de gazon, l’Allemande, devenue mère de deux enfants, avait mis sa carrière entre parenthèses pour donner naissance à ces derniers à deux périodes différentes (2013 et 2021). Lors de ce Wimbledon 2022, Maria a su déjouer tous les pronostics pour se hisser jusque dans le dernier carré d’un Grand Chelem pour la toute première fois de sa carrière, avec des succès notables sur Sorana Cirstea au deuxième tour (6/3, 1/6, 7/5), Maria Sakkari au troisième (N°5, 6/3, 7/5), Jelena Ostapenko en huitièmes (N°12, 5/7, 7/5, 7/5) et face à sa jeune coéquipière Jule Niemeier en quarts (4/6, 6/2, 7/5).

Au moment de l’interview sur le court après son succès face à Niemeier, la principale intéressée semblait à peine y croire, secouant la tête le sourire aux lèvres. Ce n’était pourtant pas un rêve mais bien un compte de fées pour elle. Ironie du sort, il a fallu que ce soit sa grande copine Ons Jabeur (N°3), qui la connait bien et qui joue régulièrement avec ses deux filles, qui stoppe son incroyable parcours aux portes de la finale. Si bien que la dernière image que l’on retient est lorsque, au lieu de célébrer sa victoire qui la qualifiait pour la première finale de Grand Chelem de sa carrière, Jabeur a emmené Tatjana Maria saluer la foule avec elle, sous un tonnerre d’applaudissements des spectateurs. L’Allemande, qui aura 35 ans dans un mois, est ensuite sortie du court sous une nouvelle standing-ovation du Central. C’est également pour ce genre de moments que l’on aime le tennis, pas vrai ?

DU SUSPENSE A GOGO DANS LE TABLEAU MESSIEURS !

Avec pas moins de 24 rencontres en cinq sets dans ce tournoi, les spectateurs venus en nombre ont pu se régaler avec des matchs à rallonge et à suspense. Certaines rencontres ont marqué ce Wimbledon 2022, avec notamment cet affrontement complètement fou entre Alejandro Davidovich Fokina et Hubert Hurkacz (N°7), qui s’est terminée au super tie-break du cinquième set alors que l’Espagnol menait deux sets zéro, 5/4 40/0 sur son service ! Après plusieurs interruptions dues à la pluie, Hurkacz revenait petit à petit, si bien que l’on pensait que Fokina avait laissé passer sa chance. Le Polonais a même servi pour le match à 5/4 dans l’ultime manche, avant que l’Espagnol ne débreake pour coiffer son adversaire au poteau à l’issue d’une fin de partie rocambolesque et irrespirable (10/8 au jeu décisif du cinquième set).

A noter que sur toutes les rencontres “marathon” qui ont vu deux joueurs se départager à l’issue d’un cinquième set décisif, seuls deux joueurs ont réussi l’exploit de remonter un handicap de deux manches pour s’imposer. C’était le cas de Cristian Garin face à Alex De Minaur (N°19) en huitièmes (2/6, 5/7, 7/6, 6/4, 7/6) et de Novak Djokovic (N°1) face à Jannik Sinner (N°10) en quarts de finale (5/7, 2/6, 6/3, 6/2, 6/2). Signe que rien n’est jamais évident pour personne, surtout sur gazon. De nombreuses têtes de série ont d’ailleurs eu du mal pour remporter leur première rencontre, comme Tsitsipas, Shapovalov, Krajinovic, Sonego ou encore Sinner, tous ayant perdu au moins un set d’entrée. D’autres ont même perdu avant même de pouvoir gagner un match comme Auger-Aliassime, Hurkacz, Dimitrov et Carreño-Busta (ces deux derniers ayant abandonné).

💔 On n’a pas aimé 

❌ LE MANQUE DE COHÉRENCE DU TOURNOI

Pour certains amateurs de tennis, cette édition de Wimbledon 2022 était faussée dès le départ suite à la décision d’exclure du tournoi les joueurs de nationalité russe et biélorusse ayant déjà évolué sous bannière neutre à Roland-Garros, suite à la guerre en Ukraine. Cette fois, la sanction fut beaucoup plus brutale. Dans le tableau masculin, nous n’avons donc pas vu à l’œuvre le nouveau numéro 1 mondial Daniil Medvedev ainsi que Karen Khachanov, Andrey Rublev ou Aslan Karatsev. Chez les dames, pas de Daria Kasatkina, Aryna Sabalenka, Veronika Kudermetova, Ekaterina Alexandrova et de Varvara Gracheva non plus. Un choix qui avait fait grand bruit au moment de cette annonce en avril dernier et qui continue de faire parler à la fin du tournoi.

Mais ce n’est pas tout, car pour “compenser” la perte des Russes et Biélorusses, l’organisation du tournoi de Wimbledon a décidé de ne pas attribuer de points pour ce tournoi. Difficile donc pour les joueurs et les joueuses de trouver la motivation. A l’arrivée, on peut se dire que cette décision est absurde car elle n’est pas cohérente. Djokovic, qui a conservé son titre avec brio, se voit chuter à la 7ème place du classement ATP, soit son plus mauvais classement depuis quatre ans, tandis que Daniil Medvedev, privé de tournoi, a regagné la place de numéro 1 mondial et Alexander Zverev, blessé et absent à Londres, a gagné une place pour se retrouver 2ème. De même pour Elena Rybakina (N°17) qui ne prend donc aucun point suite à son titre et pour Nick Kyrgios, finaliste surprise de cette édition dans le tableau messieurs.

🤕 UNE ÉDITION IMPACTÉE PAR LA COVID-19 

Si le tournoi a donc été chamboulé pour des raisons géopolitiques comme expliqué ci-dessus, ce Wimbledon 2022 a très vite pris une autre tournure. Trois joueurs ont en effet dû déclarer forfait en raison d’un test positif à la COVID-19. C’est le cas de Matteo Berrettini, finaliste en titre et qui s’avançait comme l’outsider principal de Novak Djokovic pour le trophée, qui n’a pas pu défendre ses chances. A quelques heures de défier Cristian Garin, futur quart de finaliste, au premier tour, l’Italien n’a eu d’autre choix que d’annoncer son forfait, tout comme Marin Cilic, en forme dans cette première partie de saison. Le Croate a renoncé à participer pour la même raison avant de jouer face à Mackenzie McDonald. Enfin, Roberto Bautista-Agut avait lui passé le premier tour mais a subi le même sort que Berrettini et Cilic, et a laissé Galan passer directement au troisième tour.

Si l’on ajoute à cela la non-participation des Russes (dont Medvedev et Rublev), le forfait prévu de Zverev suite à sa blessure à la cheville à Roland-Garros, la blessure aux abdominaux de Rafael Nadal qui l’a contraint à se retirer du tournoi avant sa demi-finale face à Kyrgios sans oublier les abandons de Dimitrov et Carreño-Busta au premier tour, cela fait beaucoup pour un seul tournoi. Si certains joueurs ont su en profiter pour aller loin (Goffin, Kyrgios, Norrie et Garin sont tous allés en quarts de finale au minimum), l’intérêt du tournoi en a pris un coup, en tout cas chez les hommes. Cela n’a pas non plus été une partie de plaisir pour Djokovic, qui a perdu pas mal de sets (contre Kwon, Van Rijthoven, Sinner, Norrie et Kyrgios), et le mérite lui revient d’avoir résisté à toutes les tempêtes. Mais à l’arrivée, nous aurions pu avoir un tournoi encore plus spectaculaire.

🎾 LE COMPORTEMENT DE STEFANOS TSITSIPAS

La rencontre mémorable de ce tournoi restera sans doute le match du troisième tour qui s’annonçait explosif entre Nick Kyrgios et Stefanos Tsitsipas (N°4). Le Grec, qui éprouve d’énormes difficultés face à l’Australien depuis le début de sa carrière, voulait prendre sa revanche suite à sa défaite face à ce même Kyrgios à Halle quelques jours auparavant. Tout se passait pour le mieux pour Tsitsipas, vainqueur du Masters 1000 de Monte-Carlo cette saison, qui a réussi à prendre le premier set à l’issue d’un tie-break à sens unique. Soudainement, Kyrgios a su rééquilibrer les débats, et sur sa première balle de set, il parvient à glisser un très beau passing pour prendre la deuxième manche et égaliser au tableau d’affichage, pour le plus grand plaisir des supporters qui étaient majoritairement pour l’Australien.

Sur le coup de la frustration, Tsitsipas, qui regagnait le bord du terrain pour aller chercher sa serviette, lança volontairement une balle dans les tribunes. Kyrgios, qui a assisté à la scène, a demandé une disqualification immédiate auprès de l’arbitre de chaise pour le Grec. Un acte qui, selon le règlement, aurait effectivement dû avoir lieu. Mais il n’en a pas été, et la rencontre s’est poursuivie dans le chaos. Sur un smash, Tsitsipas a allumé volontairement Kyrgios en rejouant sur lui, ce qui n’a pas du tout plu aux spectateurs. Nick Kyrgios a finalement gagné en quatre sets, et la poignée de main ne fut bien sûr pas très amicale. En conférence de presse, Tsitsipas en a rajouté une couche, estimant que Kyrgios “devait être une brute à l’école”, et qu’il “n’aimai[t] pas les intimidateurs”. Ce à quoi l’Australien a ensuite répondu: “Je n’ai pas provoqué Stefanos. Je n’ai jamais eu un comportement déplacé envers lui. A sa place, je serais plutôt énervé d’avoir perdu deux fois d’affilée contre le même joueur”. Ambiance…

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