Ma première partie de poker

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Le poker m’est apparu par hasard, comme pour beaucoup de passionnés de cartes. C’était un jour d’hiver, un ami que je n’avais pas vu depuis un an me dit : « tu vas aimer » puis aussitôt chercha dans mon regard une interrogation pour qu’il puisse se lancer dans une rapide explication, tel un vendeur à la sauvette de fausses Rolex ou Gucci pour que l’affaire ne traîne pas et que les cartes soient distribuées. Il n’y a pas meilleur moyen d’apprendre au poker qu’en y jouant.

Découverte

« Tu connais le poker fermé ? Les combinaisons, c’est un peu comme le Yams. » Sans même attendre un quelconque acquiescement de ma part, il enchaîne : « on distribue, ensuite flop, turn, mise, relance, coucher, all-in », tous les mots semblaient sortir à la vitesse d’une rafale de Kalachnikov. Heureusement, nous parlions le même langage, celui du jeu, et après quelques minutes, nous étions partis pour une nuit mémorable et surtout blanche. Le virus, je l’avais, maintenant, il ne restait plus qu’à canaliser toutes cette adrénaline pour parfaire l’apprentissage et passer à la vitesse supérieure, essayer de gagner de l’argent avec. Quitte à s’amuser, autant que ce plaisir rapporte.

Je suis quelqu’un de très posé et ma nature a voulu que je respecte ma bankroll, que je ne joue pas au dessus de mes moyens. Les débuts on été longs car il fallait la monter cette bankroll. Quelques deep-runs sur les feu-tournois en .com m’ont permis de passer d’une somme à 2 chiffres à 4 et ainsi commencer à monter les limites, SNG et tournois principalement. Le cash game restait une activité live dans les casinos français puis plus tard américains. Pourtant ma première expérience n’a pas été la meilleure, c’est peut être aussi pour cela que j’ai moins fréquenté ces parties de cash.

Désillusions

Cela faisait un an que j’avais commencé et un ami de passage m’invite à venir à La Rochelle, au casino plus exactement, pour faire la session nocturne. Elle débuta à 21h et failli se terminer 5 minutes plus tard. Je n’avais pas fait autant de route pour rester là, alors je décidai de recaver pour jouer cette fois jusqu’à la fermeture.

Pourquoi cinq minutes me direz-vous ? Vous savez ce que sont les casinos, les joueurs s’amusent et sont là pour provoquer la chance. Lors de la seconde main distribuée à la table, j’ai annoncé tapis (150€) après trois relances à 4, puis 8 puis 24€ (sur des blindes 1€/2€). Mon voisin qui avait déjà mis 24€ s’est senti obligé de suivre avec As et 10 dépareillés. Bien évidemment je possédais une paire d’As, rouge d’ailleurs (on se souvient toujours de ces moments là par cœur).

Le croupier dévoilait un premier 10 au flop puis, après m’être levé pour quitter la table et conjurer le mauvais sort sous ma chaise, j’ai entendu le « ohhhhh » une fois le 10 tombé à la river qui, toujours résonnant dans ma tête, fit sortir de ma bouche quelques mots : « je recave, je vais fumer ».

Ce qui se passait en revanche au plus profond de mes entrailles ressemblait à l’intérieur d’un petit plan d’eau attaqué à la grenade. Les poissons gisants à la surface reflétaient parfaitement l’état de santé de mes jambes flageolantes qui peinaient à me faire tenir debout. Tout de même, 150€ sur un coup alors que je ne roule pas sur l’or. Même si j’étais disposé à les perdre vu que je suis venu m’asseoir à cette table précisément, aussi vite et aussi cruellement, non ! Hélas, on ne choisit pas sa destinée.

Nous avions joué jusqu’à la fermeture : ma deuxième cave survivait et me permettait même de refaire mon retard.

Cette première expérience m’a surtout permis d’appréhender avec plus d’humilité les coups perdus. Aussi dégoûté que j’étais, je n’avais jamais ressenti autant de fatalisme avant ce flop et ce dix qui inconsciemment m’annonçait le suivant.

Émotions

La suite de l’aventure poker s’est bien déroulée pour moi. Quelques satellites m’ont permis de m’envoler pour les USA et ses WSOP. J’ai repris goût au cash game car il faut l’avouer, les joueurs ne sont pas très bons. Je jouais essentiellement aux blindes 2$/5$. En règle générale, le cash permettait de financer les tournois.

Certaines fois au Rio, il m’est arrivé de voir des choses très surprenantes. Des bluffs ratés dont on aurait dit d’un mauvais footballeur qu’il avait téléphoné sa passe, des joueurs s’endormir entre chaque carte distribuée sur le board (et qui ne lâchaient pas leurs rois avec un as sur la table), d’autres invoquer les dieux dans un dialecte indien, des scènes dignes d’un The Big Lebowski tant l’irréalité fusionnait parfaitement avec l’intemporalité et la nature des lieux…

A côté de ces parties dont le souvenir restera à jamais gravé, les tournois étaient une autre paire de manche car le niveau montait d’un cran au rythme des éliminations. Il m’a été donné de réaliser des coups dont je reste fier – et ces moments là me sont apparus comme le jour où j’ai reçu mon premier vélo ou mon premier baiser – une sorte d’accomplissement et de bien être intérieur, bien loin de cette partie de pêche où je m’étais retrouvé quelques années plus tôt.

Bien sûr le Graal, le bracelet, n’est jamais venu, mais ce n’est pas le plus important. Je me suis fait plaisir avec quelques petites sommes glanées en live ou en ligne, j’ai essayé différentes limites quand j’en ai eu l’occasion par exemple avec un code avantage Betclic poker, et j’ai surtout pris pas mal de plaisir et fait de belles rencontres. C’est finalement pour toutes les émotions que procure ce jeu que je m’assois volontiers autour d’une table en ligne.En savoir plus sur le sujet :

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